Luxembourg : le récit du concert

Comme promis il y a quelques temps, voici le récit du concert du Ukulele Orchestra of Great Britain au Luxembourg. Merci à Stéphane, notre envoyé spécial, d’avoir couvert l’évènement !

« Good evening Ladies and Gentlemen, we aaaare the Ukulele Orchestra of Great Britain… » C’est par ces mots désormais mythiques que George Hinchliffe accueille le public luxembourgeois en ce 15 février dans le Grand Auditorium du Philarmonie de Luxembourg. Il aura fallu presque un mois donc avant que cet article ne soit écrit, un mois pour digérer ce fantastique rendez-vous… Un mois surtout pour se remettre de la leçon que l’on reçoit lors de ce type de rencontre avec de tels artistes qui font prendre conscience que le chemin est long avant de pouvoir maîtriser le ukulele comme ils le font… La chose est à la fois déprimante et galvanisante mais ne fait, en fin de compte, que renforcer le respect que l’on ressent pour cette formation atypique.
Les spectateurs attendaient donc depuis un moment déjà que les lumières baissent annonçant ainsi le début de ce que l’on savait être un rendez-vous incontournable. Personne ne fut, semble-t-il déçu… La performance fut à la hauteur de celle de la Prom Night du Royal Albert hall de 2009. Humour, virtuosité, simplicité cachant, nous le savons, un immense travail de préparation, tous les ingrédients étaient rassemblés pour nous faire passer un agréable moment. Et ce fut le cas pendant ces quelques deux heures de représentation.
Ils étaient bien sûr tous au rendez-vous avec leur personnalité et leur style… Dave fait voler ses cheveux longs lors de reprises endiablées, Peter ne se départit pas de son flegme tout britannique, Hester apporte sa petite touche de sensualité, George fait sortir de son instrument des sons cristallins surréalistes, Richie et son baryton s’enflamment, Kitty reste discrète mais se lâche soudainement pour nous surprendre, Will se démène avec l’énergie qu’on lui connait et enfin Jonty marque le tempo sur son Uke-Bass du futur (« don’t try to resist ! »).

• Les grands classiques au rendez-vous

Le Ukulele Orchestra nous régala donc de ses grands classiques, Life on Mars et Anarchy in the UK en tête et puis Le Bon, la brute… et Shaft, mais saupoudra le tout de quelques inédits bien pimentés. Notamment une reprise du vieux tube de 1977 de Baccara Yes, sir, I can boogie et d’une version endiablée de Hot Lips qui permet, comme Thunderball, à Peter de faire montre d’un talent scénique que les non avertis ne soupçonnent pas. Il se lâche et l’on découvre alors une bête de scène qui attire tout les regards… A ne pas manquer !
Et puis bien sûr quelques moments de bravoure comme le fameux morceau joué, dans une sorte de défi lancé par Will à George, sur un mini-Uke allemand. (Un défi bien évidement relevé de main de maître par un George ne manquant pas de souligner tout de même que ce n’est pas facile avec ses « sausage fingers »…J’aimerais pour ma part m’en sortir aussi bien que lui avec les miens !) Une allusion à l’audition de Jonty pour rejoindre le groupe qui donne à l’intéressé l’occasion de nous donner un nouvel aperçu, s’il le fallait, de son talent de siffleur…et puis bien d’autres petites touches de cet humour so british qui fait toute la sympathie des spectacles du Ukulele Orchestra.

• Standing ovation et simplicité

Trois rappels pour finir (Dave nous explique qu’ils reviennent « parce que toute façon, le soir il n’y a rien à faire à Luxembourg ! »), un plaisir semble-t-il partagé entre le public et les artistes et enfin deux heures de spectacles que l’on a pas vu réellement passer qui se terminent par une standing ovation totalement méritée. Tout le monde ressort du Grand Auditorium avec un sourire extatique aux lèvres et à bien les regarder je me dis que c’est vraiment là la magie de ces artistes : apporter un plaisir simple (mais représentant un immense travail en amont et un talent sans conteste) pendant quelques heures de dépaysement total. Le pari en ce sens est complètement réussi !
Les plus patients d’entre nous aurons eu la chance après quelques minutes d’attente de rencontrer l’ensemble du groupe pour une séance de dédicace tout à fait bon enfant. Ces virtuoses, dont on pourrait penser qu’ils sont dans une bulle, s’avèrent alors d’une simplicité et d’une gentillesse rare dans d’autres sphères artistiques mais qui semblent être la norme dans le petit monde du ukulele. Dave arrive avec sa chemise jaune à fleurs et un verre de vin, tous ont un petit mot gentil face aux compliments dont chacun les abreuve, Hester papote avec moi pendant que George à l’autre bout de la table blague avec Will sur le fait que nous sommes de plus en plus nombreux à les attendre à la sortie.
Ce moment là renforce encore le capital sympathie et le respect que l’on ressent pour ces artistes qui sont accessibles et « humains »… Il eut été agréable de prendre un peu plus de temps pour apprendre à les connaître mieux, pour partager la passion commune de ce petit instrument à 4 cordes qu’ils élèvent au rang des grands par leur talent, cependant deux heures de route nous attendent et il est temps de quitter le Philarmonie de Luxembourg.
Le voyage du retour se fait bien sûr en musique avec les deux CD dédicacés par tout le groupe…une manière comme une autre de prolonger un peu cette superbe soirée…en attendant la prochaine !

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